Denise Fréchet – Désir Viscéral

Expostion des dernières sculptures de Denise Fréchet du 24 au 28 Octobre 2018 à la galerie de l’Openbach.

Texte de Denise Fréchet :

Je suis obsédée par le corps, l’identité féminine et la vulnérabilité de l’être. La sculpture et les installations sont mes modes d’expression privilégiés. Je suggère des histoires violentes, poétiques ou teintées d’un humour grinçant qui nous interrogent sur les désirs et contradictions de la société contemporaine. Éros et Thanatos sont au rendez-vous. André Breton a écrit : « La beauté sera CONVULSIVE ou ne sera pas». La beauté que je recherche, c’est cette beauté qui secoue et qui interpelle. Les artistes qui m’inspirent le plus sont les artistes issus de Dada ou du surréalisme, comme Meret Oppenheim ou Hans Bellmer, et celles qui en sont aujourd’hui les héritières, en particulier Louise Bourgeois et Annette Messager. Ces artistes ont su transformer les expériences de la vie quotidienne en œuvres d’art et ont révolutionné la représentation par leur utilisation des objets trouvés.

Je travaille sans esquisses préalables. Le point de départ d’une œuvre est souvent un objet choisi pour sa forte charge symbolique. Les objets, sortis de leur contexte usuel, acquièrent une autre signification. Mes œuvres sont assemblées comme des rêves. Différents éléments sont combinés selon le principe de l’association libre. J’utilise les objets de différentes manière : soit en les assemblant entre eux ou en les associant à des formes crées par une autre technique (céramique, pâte de verre, métal, textile, plâtre, papier…), soit en les moulant et en les tirant dans une autre matière ou encore en les transformant pour qu’ils deviennent le matériau même de la sculpture. Souvent je travaille en séries ou encore je combine différents éléments dans une installation. J’assemble, construit, déconstruit… Mon idée initiale est toujours en dialogue avec le matériel. Une œuvre est terminée lorsque je peux lui donner un titre. C’est alors, que tel un gri-gri, elle prend tout son pouvoir d’exorcisme.

Récemment, j’ai entamé une série d’œuvres textiles tridimensionnelles qui questionnent les ambivalences du désir et de la séduction. Dans ces œuvres des morceaux de corps revêtus de tous les oripeaux de la séduction émergent d’une masse informe qui pourrait évoquer des viscères ou bien les circonvolutions d’un cerveau. Inquiétante étrangeté: on oscille entre attraction et répulsion, entre ordre Apollinien et désordre Dionysiaque. Pour rester dans la métaphore de la chasse (1), Serions nous, telles des proies, happés par ces pièges?