Tamina Beausoleil & Marie Breger – Corps Caverneux

Corps caverneux(La grotte du mouflon) est un projet d’exposition nomade et protéiforme qui se propose d’explorer à travers des œuvres contemporaines les liens qui se nouent entre le corps, la nature et le verbe. La grotte du mouflon, qui réunit des œuvres de Marie Breger et Tamina Beausoleil en est le premier opus et a eu lieu à la galerie L’OpenBach du 15 novembre au 19 Novembre.

A la croisée d’une perception scientifique, linguistique, poétique, ironique et érotique, l’exposition Corps caverneux est une tentative pour interroger notre rapport au corps et à ses organes, à une époque, où les rythmes naturels sont plus que jamais bousculés, où par ailleurs les animaux sont élevés en batterie, chassés et consommés et où, paradoxalement nous n’avons jamais été autant sommés de comprendre le fonctionnement de notre organisme et d’en prendre soin. Car bien qu’il soit sondé, mesuré, analysé, le corps dans sa perception quotidienne reste un éternel mystère. Et ce mystère est étroitement lié à tous les autres organismes vivants. Il s’agit donc de passer et de voir à travers les apparences et les épidermes, d’écouter l’organe comme le bruit de l’eau dans la grotte, dans des œuvres où la roche, l’animal et l’humain ne sont plus hiérarchisés, mais au contraire se croisent et se mêlent dans d’étranges hybridations et énonciations polysémiques.

Platon utilisait la caverne comme une allégorie de l’accès à la connaissance. En se libérant de l’obscurité, les hommes accédaient à la lumière, à la liberté et à la compréhension du monde. Freud considérait que l’anatomie déterminait quasi à elle seule la vie d’un homme (« L’anatomie c’est le destin. ») et Quignard, dans La nuit sexuelle, s’interroge sur l’existence indicible de la pensée de l’être avant sa propre naissance, encore blottie dans la matrice. C’est donc à travers la grotte comme origine de l’être et de la civilisation, que nous consacrons ce premier opus. Et particulièrement à la Grotte du mouflon, située dans la commune des Eyzies en Dordogne. Moins célèbre que sa voisine la grotte de Lascaux, elle a l’avantage de pouvoir encore accueillir de beaux explorateurs en ses profondeurs.

Marie Breger et Tamina Beausoleil, telles deux spéléologues, se proposent de s’approprier le lieu, l’une en interprétant ses reliefs, l’autre en imaginant des œuvres à partir des animaux qui rôdent autour d’elle.

 

Marie Breger étudie les anfractuosités terrestres comme on ausculte un corps. Elle vit en Dordogne et explore cette région riche en cavités souterraines. Elle utilise la photographie et le dessin afin de livrer dans le détail son interprétation de la grotte, de l’espace laissé par le trou, du passage vers l’intérieur/extérieur. Elle a étudié aux Beaux-Arts d’Avignon et de Clermond-Ferrand, a exposé récemment à la Halle Saint-Pierre pour l’exposition Grand Trouble et travaille comme peintre-patineuse dans le cinéma.

 

Tamina Beausoleil vit et travaille à Arcueil (94) A travers le dessin et le collage, elle explore notre corps qu’il soit organique, érotique, ou fantasmé, et s’approprie les différents champs sémantiques qui le définissent. Elle a appris trés tôt que le corps s’ouvrait et se réparait. L’interaction entre le corps organique et le corps social est pour elle une source constante de recherches. Elle a étudié l’art à l’Université de Paris 8 et d’Aix-Marseille et a participé à de nombreuses expositions en France et à l’étranger, notamment dans l’exposition Salope et autre noms d’oiselles organisée par l’Université Libre de Bruxelles qui a eut lieu à la Maison Fondation des Science de l’Homme à Paris et qui traitait des insultes faites aux femmes.

 

Buffet du chef Jérome Marchand